aïkidô budô dôjô billérois

Association loi 1901 déclarée le 07 septembre 1994, affiliée à la FFAB (N° 302 64 005)

Agrément Jeunesse & Sports N° 96 S 019

 accueil notre DÔJÔ l'aîkidô INFORMATIONS liens internet SESERAGI

Transmettre l'Aikidô

(Substituez dans le titre ci-dessus le mot Aïkidô par "Art qui constitue une Voie" et lisez le récit suivant )









Nous nous trouvons à une époque où la flûte n'existe pas encore...

Un Jour, un homme (un berger en l'occurrence) découvre qu'il peut créer un son en soufflant dans un morceau de roseau. Il ne tarde pas à constater que le son est agréable et qu'en soufflant différemment il peut le moduler. Il va plus loin et découvre qu'en faisant un trou ailleurs dans le roseau, il peut créer plusieurs tonalités différentes. Grâce à l'addition de plusieurs trous, il est capable de reproduire un bon nombre de notes.

Il est saisi par la beauté des sons qu'il arrive à reproduire et ses doigts commencent à créer des mélodies; parfois des sons semblables à la nature, parfois ils des chants qu'il connaît.

Il continue à s'appliquer des jours et des semaines, voire des mois et des années à sa pratique. Il joue pour d'autres et cela leur plaît aussi. On le sollicite à jouer de son instrument aux fêtes ou pour le plaisir de ses auditeurs. Il ne cesse de développer ses capacités et bientôt il jouit d'une grande réputation. Il continue à jouer et à chercher jusqu'à un âge avancé, jusqu'à ce qu'il soit conscient d'avoir maîtrisé son instrument, bien qu'il perçoive parfaitement que ce n'est pas la maîtrise de la "Musique"...

Le récit ci dessus évoque quelque chose de très similaire à la pratique des arts martiaux : pour le flûtiste "c'est le "DÔ" qui s'est ouvert devant lui. Il réalise avec émerveillement que sa flûte et sa pratique ont été les instruments qui l'ont amené à un certains niveau de vision.

Fort de la compréhension qu'il ne vivra pas éternellement et galvanisé par un désir sincère de permettre à d'autres de vivre le résultat de ses expériences, il se penche sur la question de transmettre son vécu dans la Musique.

Face à ce dilemme, il commence à distiller rationnellement son savoir pour trouver les éléments essentiels qui permettront à d'autres d'accéder à cette connaissance, et étant plus jeune, de profiter de ses conseils pour continuer plus avant encore qu'il n'a pu le faire.

C'est ainsi qu'il crée les bases de son travail, les principes fondamentaux de son art, la progression d'une méthode : les Kihon naissent (Kihon = codification et catalogue technique de base).

Riche d'une vie d'étude, il revient au début, il boucle le cercle et crée un système lui permettant de transmettre. Avec les gammes, les exercices rythmiques et mélodiques il met au point ce qui est nécessaire pour initier d'autres à sa Voie.

Son premier élève, cependant, se trouve déjà dans une situation très différente de son maître. Il a maints outils, tout faits, qui sont mis à sa disposition pour apprendre.

Pour lui éviter les divagations diverses, qu'a pourtant dû surmonter son maître, la progression lui est remise dans une forme rigoureuse et claire. S'il la suit fidèlement, il ira plus vite que le maître, il n'aura pas à rebrousser mainte fois son chemin comme le maître a dû le faire pour découvrir son art.

Cependant, dans une certaine mesure, sa tâche ne sera pas plus facile car il doit d'abord maîtriser les bases, le solfège du système, et, ensuite, s'efforcer à continuer bien au-delà, pour transcender la technique et obtenir une pareille maîtrise globale et une telle expérience du vécu.

En voulant transmettre à son élève l'essence de son art, le maître lui a créé également un obstacle monstre qu'il n'a pas eu lui-même: rejeter et transcender la maîtrise transmise pour faire vivre réellement la Musique elle-même.

La transmission juste ne peut être réalisée lorsque l'on est soi-même pleinement en possession juste de ce qu'il y a à transmettre.…


(texte écrit par Malcolm T. Shewan)